vendredi 12 octobre 2018

Leçon 3 : Monique, une bonne conseillère


Parfois des femmes battues par leurs maris venaient le dire à Monique et quand elles parlaient mal de leurs maris, Augustin dit : « ma mère accusait leur langage »[1]. Elle leur faisait des reproches en leur disant qu’elles doivent se rappeler qu’à dater de l’heure où elles avaient fait le mariage, tout ce qu’elles avaient promis devait comprimer en elles toute révolte contre leurs maris[2].
Et toutes ces femmes, puisqu’elles connaissaient bien l’humeur violente du mari de Monique, elles s’étonnaient grandement du fait qu’on n’entendait nulle part que Patrice frappait sa femme ou qu’ils s’étaient séparés. Tout ce qui se passait au foyer entre Monique et Patrice restait au foyer comme secret intime du foyer[3]
Ces femmes demandaient alors à Monique quel était son secret de vivre de cette façon. Comme réponse, elle leur enseignait le plan de conduite de patience dans le mariage, en leur disant qu’elles doivent toujours se souvenir des paroles prononcées le jour des noces : fidélité dans les meilleurs comme dans les pires.
Celles qui observaient ce conseil en en faisant l’essai arrivaient au bon résultat et  s’en félicitaient ; celles qui n’en tenaient compte, demeuraient dans le servage et l’oppression[4].
 Méditation
Sainte Monique était une bonne conseillère, toutes les femmes qui venaient lui exposer leurs problèmes, elle leur donnait de bons conseils, sans jamais dramatiser leurs situations. Quand Sainte Monique était frappée par son mari, elle gardait tout cela comme un secret interne. « Le linge sale se lave en famille » dit-on. Et Jésus nous dit : "Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère seul à seul (Mt. 18,15).
Une maman catholique mariée doit savoir garder les secrets du foyer, elle ne doit pas humilier son mari en étalant partout ses défauts. Le Cardinal Mosengwo, s’adressant aux mamans catholiques dit : « Epouses, vous serez, Mamans catholiques, des confidentes, des amies et «aides assorties» à vos époux (Gn 2,18)[5]. Une maman catholique doit savoir garder le secret du foyer dans le foyer.
Cela ne signifie pas qu’elle ne doit en dire au prêtre ou à une personne discrète et de bon sens qui peut l’aider et aider son mari. Dans le sens de la recherche d’une solution à la crise du foyer, la maman catholique peut s’ouvrir à une tierce personne de bonne réputation qui peut l’aider et non une personne qui peut prendre parti et allumer le feu.
Questions
1.    En tant que maman catholique, est-ce vous donnez de bons conseils aux autres femmes qui viennent vous consulter ?
2.    Est-ce que vous dramatisez leurs situations ?
3.    Est-ce que vous gardez les secrets de votre foyer et ceux que les autres vous confient ?



Tiré du Livre Sainte Monique, figure des mamans catholiques ( Auteur: Père Marcel Tshikez, ofm).






[1] August, conf., IX, 11, 19.
[2] Ibidem.
[3] Ibidem.
[4] August, conf., IX, 11, 19.

Leçon 4 : Monique soucieuse du Baptême de son fils


Encore enfant, Augustin fut surpris un jour d’un violent mal d’estomac qui le menait à la mort. Monique, sa mère en avait peur, peur non de la mort physique,  mais de la mort spirituelle de son fils. Pour elle si son fils mourait dans cet état (sans avoir été baptisé), il irait tout droit en enfer, et elle ne pouvait pas supporter cela. Ça serait pour elle une blessure incurable : le fils qu’elle voulait engendre spirituellement lui coutait plus que celui qu’elle avait engendré charnellement.
Mais Augustin lui-même ne pensait même pas au baptême, c’est sa mère qui y pensait. Sous l’influence de celle-ci, il demanda alors vite le baptême. Sa mère s’y impliqua vite. Mais il ne mourut pas : il fut guéri avant le baptême. Cependant, au lieu de poursuivre le chemin vers ce sacrement, comme il était hors du danger de la mort Augustin avait décidé de différer ce baptême pour plus tard[1].
Cela causa beaucoup de peines à sa mère. En effet, si Augustin était arrivé à demander ce baptême, c’est tout simplement par la piété de sa mère. Il le dit lui-même : « … dans ce péril extrême, je ne songeais pas au baptême ; enfant, j’étais bien meilleur, alors que je le demandai à la piété de ma mère »[2]
Mais quelque chose de spirituel s’était passée dans son cœur. Sans se convertir encore comme tel, Augustin commençait à avoir un peu de foi, mais son père pas encore. Heureusement ce père ne leur interdisait pas la religion : « Ainsi, déjà, je croyais, et ma mère croyait, et toute la maison, mon père excepté, qui pourtant ne put jamais abolir en moi les droits de la piété maternelle, ni me détourner de croire en Jésus-Christ, lui qui n’y croyait pas encore », dit saint Augustin[3].
Méditation
Jésus dit. « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit,…. » (Mt 28, 19). Sainte Monique a voulu que son fils reçoive le baptême. Chaque maman catholique doit y penser : amener ses enfants au baptême, et aux autres sacrements. C’est un devoir chrétien de tout parent catholique.
Le baptême nous fait entrer dans la grande famille des disciples du Christ, le baptême nous donne la grâce, c’est comme un vaccin spirituel qu’il faut vite donner à nos enfants pour que le Malin ne se joue pas d’eux, car par le baptême ils deviennent « fils adoptifs » en Jésus Christ. En devenant fils adoptifs on ne peut plus craindre aucune puissance maléfique. Paul dit « Vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait écrier : Abba ! Père ! » (Rm8, 15).
 Les mamans catholiques ne doivent donc pas tergiverser face aux critiques des autres églises sur la question du baptême des enfants. Comme sainte Monique, chaque maman doit sentir une blessure dans son cœur s’il elle se représente que son enfant risque de mourir sans baptême.
Augustin ne savait pas l’importance du baptême en ce moment-là. Si l’enfant ne veut pas le baptême, la maman catholique doit continuer à prier pour lui et choisir des moments propices pour lui parler encore et le faire amener vers la vérité, sans contrainte, mais avec charité.
Questions de réflexion
1.   Dans votre foyer est-ce que tous les enfants sont baptisés ? Si non pourquoi ?
2.   Qu’est-ce que vous envisagez pour  que vos enfants, votre mari, vos parents soient baptisés ?
3.   Connaissez-vous encore votre date de baptême ? cela devait être pour vous un jour de fête, car c’est le jour de votre renaissance !
Tiré du Livre Sainte Monique, figure des mamans catholiques ( Auteur: Père Marcel Tshikez, ofm).

[1] August. Conf., I, 11,17.
[2]August. Conf.,  I, 11, 17.
[3]August. Conf.,  I, 11, 17.

Leçon 5 : Attitude d’une mère face à son fils rebelle


Augustin connut un comportement qui déplaisait à sa mère : il se laissait trainer par ses amis dans la débauche, et quand il entendait ses amis se vanter de leurs méfaits, il avait honte de son infériorité à faire le mal. Il dit : « j’étais honteux de mon infériorité de honte ; car je les entendais se vanter de leurs excès, et se glorifier d’autant plus qu’ils étaient plus infâmes ; et je voulais pécher ; j’avais soif du plaisir et soif de la gloire… je devenais plus vicieux »[1].
Augustin cherchait donc à commettre des crimes et quand il n’y arrivait pas, pour ne pas se faire moquer par ses amis, il mentait en disant qu’il l’avait fait : « je feignais ce que je n’avais point fait ».[2]
Quand sainte Monique entendait tout cela, elle en souffrait terriblement dans son cœur. Saint Augustin le dit en ces termes : « Ma mère, me pleurait avec plus de larmes que d’autres mères n’en répandent sur un cercueil. Elle voyait ma mort à cette foi, à cet esprit qu’elle tenait de vous ».[3]
Sainte Monique avait dit à Augustin qu’elle ferait tout ce qu’elle pouvait pour le tirer de la voie mauvaise. Saint Augustin le reconnait, après sa conversion, quand il dit. « Elle me recommandait instamment, et m’avertit un jour en secret, avec quelle sollicitude ! Je m’en souviens, de me dérober à tout amour impudique et surtout adultère ».[4]
Méditation
Quand une maman a un fils ou une fille qui se méconduit, elle doit lui parler, lui faire des reproches, c’est ce que faisait aussi Monique ; mais si le fils ou la fille n’écoute pas, il faut qu’elle utilise aussi l’autre arme : la prière intense. Sainte Monique a recouru à cette dernière arme toute sa vie, jusqu’à obtenir ce qu’elle voulait. Elle allait trois fois par jour devant le tabernacle pour demander à Jésus que son fils devienne un “ bon chrétien”.  C’était tout ce qu’elle voulait, pendant vingt ans, elle ne faisait que prier ;  elle ne demandait pas que son fils soit un jour prêtre, évêque, saint, professeur….  mais qu’il soit tout simplement baptisé et qu’il soit  un bon chrétien.
 Pensons un peu si sainte Monique s’était découragée à la dix-neuvième année et avait tout abandonné, peut-être nous n’aurions pas ce saint homme que nous vénérons aujourd’hui, qui fait honneur à l’Eglise et qui  nous sert d’exemple.
Une Maman catholique ne doit pas négliger la prière, elle doit prier sans cesse et en tout temps pour elle-même, pour sa famille, pour l’Eglise et le monde. L’Apôtre Paul dit : « priez en tout temps, dans l'Esprit » ( Ep 6, 18 ; Luc 21, 36) : “ Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera, cherchez et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit ; qui cherche, trouve ; et à qui frappe, on ouvrira ” (Lc 11, 9-10).
Il faut prier, insister comme la femme païenne, qui avec insistance avait supplié Jésus pour la guérison de sa fille et Jésus l’a fait (Lc 7,11-15).Si on demande une fois ou deux, et qu’on ne reçoit pas, mais qu’on ne redemande pas encore, cela montre qu’on n’avait même pas besoin de ce qu’on demandait : « on demandait pour demander ».  Dieu veut savoir si ce que nous demandons vient du fond de notre cœur, que réellement nous en avons besoin et nous voulons que ce soit lui à nous le donner. Il veut une prière sincère. Il y en a qui prient, mais quelques minutes après ils ne savent meme pas ce qu’ils demandaient à Dieu.
Par ailleurs, si nous demandons et que nous ne recevons pas, peut-etre que ce que nous demandons n’est pas bon pour nous et  Dieu, dans sa bonté,  ne va pas nous le donner, mais il va nous donner ce qui nous convient et au moment auportun. Le Seigneur dit : « Quel est d'entre vous l'homme auquel son fils demandera du pain, et qui lui remettra une pierre ? Ou encore, s'il lui demande un poisson, lui remettra-t-il un serpent ?  Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l'en prient ! ».  (Mt. 7, 9-11).
 La question de temps, ne doit pas être   notre cause de découragement : Dieu ne tarde pas. Il donne au moment juste. L’Apotre Pierre dit :  « Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c'est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient… » (2 P, 3, 8-9)
Et parfois nous n’obtenons pas ce que nous demandons, car nos prières ne sont pas bonnes. Jacques le dit : «  Vous demandez et ne recevez pas parce que vous demandez mal, afin de dépenser pour vos passions » (Jc 4,3).
Mais attention ; la spiritulité des mamans catholiques réunit l’action et la contemplation. Il ne faut pas que la prière fasse tomber les autres devoirs domestiques de la maman en tant que mère et épouse. Une maman catholique qui est toujours absente à la maison ,puisqu’elle va à  des  veillées des prières en laissant ses enfants et son mari à leur triste sort, cela n’est pas conforme à la spiritualité des Mamans catholiques et à la vonté de Dieu.
Questions de réflexion
1.    Que demandez-vous  souvent dans vos prières ? Est-ce que vous priez seulement pour vous-même  ou aussi pour les autres ?
2.    Faites-vous  aussi des prières de louange, de remerciement ou seulement de demande ? Quel genre de prière domine chez vous ?
3.    Sainte Monique se prosternait en adoration devant le tabernacle. Faites-vous  des prières d’adoration ?
4.    Y-a-t-il  a en vous un équilibre entre prière et action ?

Tiré du Livre Sainte Monique, figure des mamans catholiques ( Auteur: Père Marcel Tshikez, ofm). 


[1]August. Conf., II,3,7.
[2] August. Conf., II, 3,7.
[3] August. Conf., III,11, 19.
[4] August. Conf., II,3,7.

INTRODUCTION AUX 14 LECONS SUR SAINTE MONIQUE

Les « Mamans catholiques » sont les femmes réunis dans   un mouvement   de l’Eglise catholique, fondé par Son Excellence le cardinal J...